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Art, Cinéma, Musique Cinquante-sept chefs-d’oeuvre reproduits en grand format et en couleurs invitent à un parcours passionnant dans l’univers de Maria Helena Vieira Da Silva. Un texte clair et précis situe son oeuvre dans le XXe siècle, montre ses principales découvertes et raconte l’histoire de sa vie.«Je me suis intéressée à la perspective parce que personne ne s’y intéressait plus.»C’est cela le point de départ, mais Vieira da Silva découvre à travers son travail que le système de la perspective n’est pas le seul possible.Dans ses tableaux, la rationalité de cette représentation spatiale est multipliée à l’infini, créant des chocs visuels que l’ordre de la perspective interdit.Extrait du livre :«Les toiles de Vieira da Silva fascinent, exercent un pouvoir magnétique…» observe René de Solier en 1956. Dès cette période, et malgré l’impossibilité d’associer son travail à un courant précis, la peinture de Vieira da Silva est reconnue par la critique.Elle-même se décrit comme un personnage fluctuant : «L’incertitude c’est moi. Je suis l’incertitude même. C’est l’incertitude qui est ma certitude. C’est sur l’incertitude que je me base.» «Je dis une chose. Cela peut-être autre chose. Cela peut être encore autre chose.» Mais, comme Dora Vallier le souligne, cette affirmation d’incertitude cache une profonde certitude. Typiquement féminine, cette hésitation permanente lui sert à affirmer avec plus de force ses convictions. Déstabilisant ainsi son interlocuteur, Vieira da Silva conserve la position de force car son apparente fragilité devient son arme principale. Son propre domaine de certitude est celui de l’innovation. Comme le musicien et le poète, c’est cette exigence qui la guide. L’ordre pictural qu’elle met en oeuvre dans ses toiles naît de cette pensée visionnaire qui lui permet de s’emparer du monde extérieur et de vaincre ses peurs.Au milieu des années soixante, Vieira da Silva peint une série d’oeuvres que nous pourrions qualifier de «métaphysiques» par la rigueur de leur style et leur détachement de toute réalité : Stèle, 1964 (n° 38) – peinte dans la chambre contiguë à celle de sa mère mourante -, Au fur et à mesure, 1965 (n° 39), L’équité, 1966, La basilique, 1964-1967 (n° 43), Itinéraire inéluctable, 1965-1967 (n° 41), Mémoire, 1966-1967 (n° 42), Conseil du nombre, 1967 (n° 44). Vieira da Silva est engagée dans une quête de haute spiritualité née d’une recherche quotidienne. Ses toiles affirment une sorte de nouvelle intimité. L’oeuvre accueille toutes les voix intérieures qui habitent l’artiste et se transforme progressivement en sismographe de l’âme : Les trois fenêtres, 1972-1973 (n°45), Dédale, 1975(ci-contre i), L’empire céleste, 1977 (n°49), Lumière, 1978 (n°50).
Chiara JaegerTous les livres beaux arts
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